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« Santa Maria » Irrésistible ce grand départ ! Irrésistible il faut qu’il le soit pour nous arracher à une terre bénie qui respire la paix au rythme de ses collines endormies. Où est-il Sorgel dans tout cela ? Et-ce lui qui jette sa ligne du haut d’un toit dans l’espoir de pêcher un poisson volant ? Ne serait-il pas plutôt cet homme qui tel Socrate se promène en plein jour une chandelle à la main et répond à la foule qui l’interroge sur sa folie : « Je cherche un homme ! » Cette hypothèse, je la formule timidement car je sais que Sorgel n’est pas provocateur. Mais est-ce de la provocation que de nous inciter à quitter ce paradis où les arbres les plus éloignés sont tellement lumineux qu’ils se transforment en flocons de neige ? Je le ressens plutôt comme une invitation souriante à partager une certaine spiritualité heureuse et bien éveillée sur le chemin d’un pèlerinage d’une importance vitale parce qu’il est au-dessus de toute croyance. Ah ! Les belles caravelles ! Ne manquons pas ce départ !
Suite de l’exposition Jacques SORGEL
« Quand l’inconnu se dessine » Tu ne t’étonneras pas Sorgel mon frère, que je commence mes analyses par ton numéro 1 dont j’aime beaucoup le titre. J’obéis en cela à la même rigueur qui te fait remplir minutieusement chaque millimètre de ce paysage incliné sous la caresse d’une tramontane parfumée, une brise qui fait fleurir la contrebasse et tordre d’un rire heureux des maisons aux couleurs de bonbons. Tout le monde se gondole d’ailleurs dans ce cadre raffiné par ta main légère. Elle nous rappelle qu’au nom de l’esprit il faut savoir parfois bousculer la vertu.
« Le lien » Une barque abandonnée sur la plage, seule, comme la chaussure perdue de Cendrillon me donne envie de la recueillir, de la serrer sur mon cœur et d’attendre que la princesse me la réclame. Est-ce qu’elle est le lien ? Son royaume n’est peut-être pas de ce monde mais je suis certain qu’en un autre et pas si loin de nous que cela, elle porte couronne. Sorgel comme Levis Caroll sait reconnaître les attributs de la véritable royauté. Il n’a pas besoin de consulter des cartes géographiques ni le globe trotter aux deux chapeaux, ni le gendarme agitant son petit drapeau, ni les sages et impondérables bouddhas perchés aux sommets d’arbres adolescents. De l’intérieur de sa caverne Sorgel rêve un monde extérieur plus près de notre réalité intime que l’abbaye de Thélème du génial Rabelais. Ne me parlez pas d’utopie ! L’utopie c’est le monde des ténèbres dans lequel nous courons en aveugles ! Mais ici nous suivons un guide du réel. Sorgel est un peu voyant et ce n’est pas pour nous déplaire.
« Le facteur est passé » C’est certainement la plus classique des œuvres exposées au Musée de la Poterie ! Mais, classique, que signifie ce mot ? Le calme du tombeau ? L’helvétique sérénité d’un paysage où le ciel est remplacé par un lac aux eaux bleu-bête ? Mais pourquoi ce qualificatif ? Parce qu’il n’y a pas de vent ? Parce que chaque élément semble à sa place pour l’éternité ? Parce que le facteur est passé et qu’il n’y a plus rien à attendre ou à espérer ? La réponse affirmative me semble être donnée par le petit Poucet rouge dansant sur l’orange qui pourrait bien être sa maison. Il bouge lui, il est vivant. Il danse joyeux d’être la clé de l’énigme. Il n’a rien à voir avec le facteur dont les nouvelles sont toujours du passé. Il est l’avenir. Sorgel est-ce toi ? Où as-tu dissimulé ta signature ? Ah ! Je la vois ! Dans la maisonnette bleue au premier plan. Mais c’est pour mieux cacher ton escapade, n’est-ce pas ? C’est qu’il nous donnerait des frayeurs ce chenapan !
« A tout cœur » Voulez-vous jouer avec Môa ? demande un Sorgel qui fait le clown en nous dévoilant les appétissantes rondeurs de deux arbres-sorbets. As de cœur et as de pique qui sont les vedettes d’un bal campagnard fort animé. Autour d’eux des verres dansent aussi sur la musique pétillante d’un orchestre d’oiseaux ravis d’avoir pour tribune un saloir désaffecté. Ce n’est pas le soir, ce n’est pas le matin mais Monsieur le maire et Monsieur le curé qui ont dû ouvrir le bal sont rentrés chez eux. Cela explique peut-être la décontraction absolue qui règne dans cet univers sorgelien. Attention, cette décontraction est contagieuse. D’ailleurs je m’y suis laissé prendre et il m’est vraiment impossible de continuer à vous en parler car on m’attend là-bas et j’y vais de ce pas. Viendrez-vous m’y rejoindre ? M’accorderez-vous cette valse musette ?
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suite 2 de l’exposition Jacques Sorgel...
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suite 2 de l’expo...
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Musée souterrain de la Poterie de Saint-Emilion
Hospices de la Madeleine 21, rue André Loiseau 33330 SAINT-EMILION tél. : 05 57 24 60 93
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Ouvert tous les jours de 10 h à 19h stemilion-museepoterie@orange.fr Comment venir ?
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